Marie Pointurier

Marie Pointurier est née à Paris. Diplômée de Sciences Po Lille et titulaire d’une maîtrise de lettres modernes, elle a été longtemps correspondante pour Vogue à New York, avant de se consacrer au journalisme de voyage. Elle partage désormais sa vie entre Londres et l’atmosphère sauvage de la côte landaise où elle aime écrire et surfer.
Doit-on céder à sa passion, coûte que coûte, et tout risquer pour retrouver son désir de vivre fort ? Du haut de la dune, Béa promène son regard sur l’océan. Elle n’a jamais osé rejoindre les surfeurs qui filent sur les vagues car elle pense qu’il est trop tard. La tentation est pourtant forte maintenant qu’au mitan de sa vie ses filles sont grandes et sa carrière est stable. Lorsque Virgile, un jeune voisin, propose de la guider, un irrépressible élan vital fait tomber ses hésitations. Une fois dans l’eau, face à la beauté des éléments l’euphorie s’empare d’elle et occupe tout son temps, toutes ses pensées. Béa ne se coule plus dans le rythme familial : ses points d’appui cèdent face à son envie de liberté. En surfant, elle part à la recherche d’elle-même et se découvre dans une passion dangereuse mais aussi enivrante et libératoire. Ce roman sensuel est l’histoire d’une métamorphose. C’est aussi une réflexion sur le temps qui passe, les priorités qui changent, le second souffle.

Conversation avec Marie
Votre roman se situe à une période charnière de la vie de Béa, une cinquantenaire accomplie mais incomplète. Quel nouvel élan trouve-t-elle ?
Béa est au mitan de sa vie. Mariage, enfants, carrière… ses premières fois sont derrière elle. C’est donc l’histoire d’un second souffle. Elle décide de vivre pleinement sa passion récente mais dévorante pour le surf, pour l’océan. En s’autorisant cette échappée à son âge, elle part à la redécouverte d’elle-même et de la vie. Sur la route, elle éprouvera un désir équivoque pour un homme plus jeune, la jalousie, les limites de son corps, l’intensité des sensations dans l’eau, le dépassement de soi, la violence et la beauté des éléments.
Vous semblez détourner les codes des romans feel-good et du développement personnel. Quelles injonctions souhaitez-vous aborder dans ce texte ?
Écoute ton cœur ! Vis tes rêves ! Ou le fameux Do more of what you love ! anglais. Jusqu’où ce culte du bien-être de soi peut-il nous entraîner ? Quels risques nous fait- il prendre, et courir ? Peut-on faire advenir son idéal sans égard pour les autres ? Sous ces injonctions, de nombreuses dynamiques antagonistes sont à l’œuvre. Béa vit sa passion. D’une certaine manière, elle tend vers l’absolu, touche à l’essentiel ; mais elle joue aussi avec le feu. À tous points de vue. J’ai essayé d’installer le roman dans un interstice, d’explorer les entrelacs entre un univers perçu comme joyeux et lumineux (le surf, l’été…) et l’état douloureux et destructeur dans lequel on peut se trouver, pris par une passion, quelle qu’elle soit. Oui, Béa éprouve une joie intense, surfer est une source nouvelle de félicité. C’est même pour elle une victoire sur le temps qui passe. Mais doit-elle tout sacrifier à son désir de vivre plus fort ?
La nature occupe une place importante tout au long du roman, à la fois grandiose et dangereuse, quelle signification porte-t-elle pour vous et pour Béa ?
Le roman est ancré dans un paysage des Landes, un lieu retiré sur la côte : la dune derrière la forêt de pins, la plage nue, sauvage, puis l’océan à perte de vue. Béa aime contempler l’océan. Et en surfant, elle a l’impression d’une union avec une nature qui la dépasse. Béa ressent cette attraction irrépressible, qu’on appelle aussi sentiment océanique, et va vivre une expérience existentielle puissante. L’océan c’est l’horizon mais c’est aussi la profondeur, c’est l’apaisement et le tumulte, la goutte d’eau et l’immensité. L’océan promet le renouvellement. Béa vit des moments de plénitude totale mêlés de montées d’endorphines. C’est très addictif !
Où avez-vous trouvé l’inspiration pour imaginer cette histoire ?
Justement dans ce littoral un peu rugueux. Je voulais aussi écrire sur le surf et ses sensations. Hédoniste et dangereux, physique et contemplatif, le surf est un univers plus complexe qu’il n’y paraît, détenant une forte charge poétique. C’est dans ce monde du mouvement et de la quête d’équilibre que j’avais envie de faire évoluer une femme mûre, justement au point de bascule de sa vie.

