Christian Cailleaux

Auteur de BD, illustrateur et piètre trompettiste comme son héros des « Imposteurs » (Casterman 2005), Christian Cailleaux a vécu durant quinze ans entre l’Afrique, le Québec ou la France, et commencé sa carrière d’auteur dans la collection Génération Dargaud (deux ouvrages aujourd’hui épuisés) avant de réaliser seul deux albums pour ce même éditeur. Depuis, la balade continue de pays en pays, d’albums en albums. Entre une couverture de roman et une pochette de disque de jazz, il aime raconter des histoires de départs, vers l’Afrique, l’océan Indien, l’Inde… et développe un univers entre ligne claire et liberté graphique. Encore à propos de mers et de lointains, il s’embarque – au propre comme figuré – sur les bâtiments gris de la Royale avec celui qui deviendra son ami, le comédien-écrivain Bernard Giraudeau, pour l’album « R97 », les hommes à terre. Puis il entre dans la prestigieuse collection Aire Libre des éditions Dupuis pour évoquer Boris Vian en dessinant « Piscine Molitor » avec son ami et scénariste Hervé Bourhis. C’est dans cette même collection qu’il poursuit sa collaboration avec le regretté Bernard Giraudeau en publiant en 2011 « Les Longues Traversées ». Il aborde, en 2013, la BD-Reportage en racontant son embarquement vers les Terres Australes avec « Marins d’eaux dures », publié dans le N°1 de LA REVUE DESSINÉE, puis intégré à l’album « Embarqué » (Futuropolis 2015). Début 2017 parait la biographie de Jacques Prévert conçue avec Hervé Bourhis : « Jacques Prévert n’est pas un poète » (Aire Libre). En 2018, Timothée de Fombelle et Gallimard-BD lui offrent un magnifique polar qui survole les toits de l’Opéra de Paris jusqu’aux buildings New Yorkais pour composer « Gramercy Park », avant de repartir en mission scientifique pour TARA Expéditions avec les « Cahiers de la mer de Chine » (Aire Libre). En 2020, il renoue avec ses racines de la ligne en claire pour dessiner avec Étienne Schréder le vingt-septième épisode des aventures de Blake et Mortimer, « Le Cri du Moloch », écrit par Jean Dufaux. On le retrouve dans l’univers jacobsien en 2023 avec la publication de « La Flèche ardente », la suite du « Rayon U » scénarisée par Jean Van Hamme et co-dessiné avec Étienne Schréder. La même année marque également son retour sur les mers avec l’adaptation, avec José-Louis Bocquet, du premier roman dur de Georges Simenon : « Le Passager du Polarlys ».

Février 1930. Dans un atelier d’artiste de Montparnasse, une jeune femme est retrouvée morte. Surdose de morphine. Elle s’appelait Marie Baron. Quelques jours plus tard, le cargo mixte Polarlys quitte le port de Hambourg pour l’extrême nord de la Norvège. Voyage de routine, destiné à approvisionner les ports qui jalonnent la côte. Quel rapport entre ces deux événements, distants de plusieurs milliers de kilomètres ? A priori, aucun. Mais pour le capitaine Petersen, cette traversée ne sera pas comme les autres. Car il a de bonnes raisons de penser que le responsable de la mort de Marie se cache à bord de son navire.
Et quand un conseiller de police est assassiné dans sa cabine, l’ambiance se tend encore plus. Parmi les passagers du Polarlys, sur une mer battue par les vents et dans une atmosphère poisseuse où les faux-semblants règnent en maître, les coupables potentiels ne manquent pas…
Christian Cailleaux et José-Louis Bocquet s’emparent de l’un des premiers « romans durs » de Georges Simenon, cette facette littéraire où, sous le signe du roman noir, le créateur de Maigret met en scène sa propre comédie humaine.

L’Hôtel du Nord, publié en 1929, est le premier roman d’Eugène Dabit. Il retrace la vie quotidienne d’un hôtel-café-restaurant pour ouvriers, quai de Jemmapes à Paris, le long du canal Saint-Martin. Dabit excelle dans cette chronique d’un lieu, où cohabitent le couple de patrons, les Lecouvreur, et tous leurs pensionnaires, dans une ambiance gouailleuse et bon enfant qui les aide à surmonter une existence souvent difficile. Eugène Dabit s’est inspiré de sa propre histoire puisqu’en 1923 ses parents sont devenus propriétaires de l’Hôtel du Nord (qui existe toujours aujourd’hui). Cet hôtel est un sujet parfait pour le jeune Dabit qui, à 25 ans et parfaitement autodidacte, s’essaie à l’écriture. Le roman paraît chez Denoël et est le premier ouvrage couronné par le Prix du Roman Populiste (aujourd’hui Prix Eugène Dabit du Roman Populiste) récompensant une œuvre «qui préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors, à condition qu’il s’en dégage une authentique humanité». Tout le credo de Dabit ! Ce livre, un classique de la littérature sociale et poétique, immortalise un monde disparu. Après la version cinéma de Marcel Carné en 1938, c’est aujourd’hui le dessin tendre et puissant de Christian Cailleaux qui lui redonne vie, à travers 36 planches pleine page.
Cailleaux excelle à rendre cette époque des années 1920-1930 qu’il a déjà illustrée dans Les dimanches de Jean Dézert de J. de la Ville de Mirmont (Finitude, 2023) ou Gramercy Park de Timothée de Fombelle (Gallimard, 2018).
Calendrier
📚Table ronde
Navigateurs et Océans en BD
📅 Samedi 16 mai ⏰ 19h
📍Salle Marie Madeleine
Auteurs et Programme

