Jean Harambat

© Rita Scaglia
Né en 1976, Jean Harambat suit des études de philosophie qui le conduisent à des activités diverses (travail dans une ferme en Argentine, logisticien pour Action contre la faim, au Liberia) avant de trouver sa voie avec l’écriture et le dessin. Il réalise des reportages illustrés pour la presse écrite (‘Le Monde’, ‘XXI’, ‘Télérama’, ‘Sud Ouest, ‘L’Équipe Mag’).
« Les Invisibles » (Futuropolis, 2008 et réédité en 2021), son premier album, qui raconte une révolte en Chalosse au XVIIe siècle, remporte le prix de la meilleure bande dessinée historique aux Rendez-Vous de l’histoire, à Blois.
« Ulysse, les chants du retour » (Actes Sud, 2014), est sélectionné à Angoulême en 2015. Avec cet album, Jean Harambat remporte le prix de la BD du ‘Point’ et, à nouveau, le prix de la meilleure bande dessinée historique, à Blois.
En 2017, il sort « Opération Copperhead » (Dargaud), une histoire aussi vraie que rocambolesque du contrespionnage britannique pendant la Seconde Guerre mondiale qui lui permet de remporter le prestigieux prix Goscinny du meilleur scénario au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2018.
Après s’être amusé (et nous avoir amusés !) avec les codes du roman d’espionnage, il s’attaque en 2019 au roman policier avec « Le Detection Club », toujours chez Dargaud.
En 2021, Jean Harambat met en image un album hors-série de Blake et Mortimer écrit par François Rivière : « La Fiancée du Dr Septimus », hommage appuyé des auteurs à Edgar P. Jacobs et à son chef-d’oeuvre, « La Marque Jaune ».
La même année, il adapte pour les éditions Philosophie magazine, « La République » de Platon.
En 2023, il réalise « La Pièce manquante » chez Dargaud, une enquête à la recherche du plus précieux des trésors : une pièce disparue de William Shakespeare !

Issu d’une famille de paysans, Jean Harambat a fait l’acquisition d’une ferme dans le Sud-Ouest, non loin de sa Chalosse natale. Dans cette vieille bâtisse, tout est à faire, et Jean Harambat ne manque ni d’idées ni d’enthousiasme. Avec l’aide précieuse de sa famille, notamment celle de son père, et de quelques amis, il entreprend de remettre en état le domaine, apprenant à faire les choses « avec lenteur et méthode ». À l’écoute des saisons et de la nature, il entretient prairie et forêt, accueille des chevaux, crée un potager, construit un poulailler… Autant de petites aventures du quotidien qui l’amènent à réfléchir sur l’agriculture, la transmission, le travail manuel, les liens entre l’homme et le paysage. S’éloignant des fictions endiablées de ses derniers albums, Jean Harambat renoue avec le ton intimiste d’En même temps que la jeunesse et Ulysse, les chants du retour. La restauration de sa ferme landaise est le fil conducteur d’un récit construit en courts chapitres baignés de poésie et d’humour, dans lesquels il s’interroge sur ce que signifie vivre à la campagne aujourd’hui. Tout en revisitant son passé et l’histoire de sa famille, il tisse des liens avec la philosophie, l’histoire antique, le cinéma, le dessin – Montaigne, Xénophon, Yul Brynner et Sempé sont de la partie ! Il témoigne aussi du plaisir qu’il retire de l’observation de la nature, du travail bien fait, du partage des savoir-faire. Dans ses planches aux couleurs délicates et lumineuses se dessinent aussi sa région, ses pins, ses traditions. Une ode sensible et généreuse à une nature aussi belle qu’exigeante, à un monde rural qui, s’il peut sembler menacé, reste bien vivant grâce à la passion et à la solidarité.
Un album qui nous invite à ne pas oublier de nous « laisser absorber par la beauté du petit jour ».

